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Salice était en train de méditer, réfléchissant à Saddam Hussein et à la situation où se trouvaient plongés l’Irak et le Koweït. Elle aurait voulu aider, d’une façon ou d’une autre, mais elle se sentait totalement impuissante et demanda : « Mais que pourrais-je bien faire pour aider » ? Elle entendit alors une voix intérieure lui répondre. « Comment vois-tu Saddam Hussein ? » Après un bref instant de réflexion, Salice ressentit immédiatement que c’était un homme cruel, dominateur, agressif et enragé. « Possèdes-tu l’un de ces traits de caractère ? » interrogea la voix.

Salice réfléchit profondément à la question et admit qu’il lui était effectivement arrivé, parfois, de manifester ces caractéristiques. « Résous ces choses en toi-même, lui dit alors la voix et ce sera le plus grand cadeau que tu puisses offrir à la guerre du Golfe ». Puis l’image de Saddam Hussein se tenant au sommet d’une montagne lui apparut, et toute la population de la terre était assemblée au pied de cette montagne. Saddam Hussein tenait un grand miroir sur lequel la lumière venait miroiter. « Regardez-moi, disait-il. Comme vous ne pouvez pas distinguer ces traits de caractère en vous, je suis un miroir pour vous et je dois les exagérer pour que vous puissiez les voir ». Salice sut à ce moment que tant qu’il existerait en elle-même ou chez une autre personne une qualité négative, celle-ci finirait toujours par être projetée sur quelqu’un ou quelque chose d’autre.

La Guérison Radicale( p. 79). 

Michael Dawson
Éditions Le Souffle d’Or -Collection Findhorn

Le corps de souffrance

Certains corps de souffrance réagissent à un seul déclencheur ou événement particulier, qui est en général celui qui entre en résonance avec une sorte particulière de souffrance éprouvée dans le passé. Par exemple, si un enfant grandit avec des parents pour qui les questions d’argent sont continuellement sources de conflits et de mélodrame, cet enfant absorbera la peur des parents au sujet de l’argent et se créera un corps souffrance qui deviendra actif dès qu’il sera question de problèmes d’argent. Ce genre de personnes s’énerve ou se met en colère même quand il s’agit de montants insignifiants. Derrière ses émotions, il y a la peur intense liée à la survie. J’ai vu des gens évolués, c’est-à-dire des êtres relativement conscients, se mettre à hurler, à blâmer et apporter des accusations dès qu’il prenait le téléphone pour parler au courtier ou à l’agent immobilier. Tout comme on fait imprimer sur chaque paquet de cigarettes un avertissement concernant la santé, on devrait peut-être faire imprimer un avertissement similaire sur chaque billet de banque qui dirait : « l’argent peut activer le corps de souffrance et causer une totale inconscience. »
Quelqu’un qui a été négligé ou abandonné dans son enfance par un de ses parents ou les deux aura développé un corps de souffrance qui devient active dans toute situation ayant un tant soit peu la résonance de l’abandon primordial. Un ami qui se présente avec quelques minutes de retard à l’aéroport ou un conjoint qui arrive tard le soir peuvent déclencher une crise majeure du corps de souffrance. Si le conjoint quitte le domicile conjugal ou meurt, la souffrance émotionnelle ressentie dépasse la souffrance naturelle dans de telles situations. Il peut s’agir d’une angoisse intense, d’une dépression qui dure et rend inapte à quoi que ce soit ou bien d’une colère obsédante.
Une femme dont le père a narcissiquement abusé quand elle était petit sentira probablement son compte souffrance s’activer facilement quand elle est en relation intime avec un homme. Par ailleurs, l’émotion prise dans son corps de souffrance attire probablement vers l’omme dans le corps de souffrance est similaire à celui de son père. Son corps de souffrance est donc magnifiquement attiré par quelqu’un qui,
il le sent, les procureurs à davantage de souffrance. Les protagonistes confondent parfois cette souffrance avec de l’amour.
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Quand vous reconnaissez votre propre corps de souffrance dès qu’il pointe le nez, vous apprenez rapidement aussi quel est son déclencheur favori : certaines situations, certaines choses ou ce que les gens disent ou font. Quand ces déclencheurs se présentent, vous les reconnaîtrez immédiatement et votre état de vigilance augmentera. En une seconde ou deux, vous remarquerez également la réaction émotionnelle créée dans le corps de souffrance. Mais dans cet état de présence vigilante, vous ne vous vous identifierez pas à elle, ceux-ci voulant dire que le corps de souffrance ne prendra pas possession de vous et ne deviendra pas la petite voix dans votre tête. Si vous êtes avec votre conjoint à ce moment-là, il vous suffit de lui dire : « ce que tu a dit (au fait) viennent de déclencher mon corps de souffrance. » Prenez un accord avec votre conjoint selon lequel vous vous engagez à mentionner à l’autre il vient de déclencher votre corps de souffrance. De cette façon, le corps de souffrance ne peut plus se sustenter du mélodrame relationnel. Au lieu de revenir à l’inconscience, vous deviendrez pleinement présent.
Si vous êtes bien présents chaque fois que le corps de souffrance à une crise, une partie de l’énergie émotionnelle négative sera consumée, pour ainsi dire, et se transformera en énergie de Présence. Le reste du corps de souffrance se retirera rapidement et attendra une meilleure occasion pour entrer de nouveaux en crise. C’est-à-dire qu’il attendra que vous soyez moins conscients. La meilleure occasion que le corps de souffrance puisse se saisir pour entrer en crise, c’est quand vous perdez l’état de Présence, probablement après avoir bu quelques verres ou pendant que vous regardez un film de violence. La moindre émotion négative, comme de l’irritation ou de l’anxiété, peuvent aussi servir de déclencheur. Tout ce dont votre corps souffrance a besoin, c’est de votre inconscience. Il ne peut tolérer la clarté de la Présence.

Eckhart Tolle ; Nouvelle Terre  ; éditions ARIANE